Editorial par F. Caroli

 

Edouard Zarifian : toujours présent


Pourquoi les Français restent-ils encore les plus grands consommateurs européens de psychotropes? (Le Monde, 11-08-2008). Le décalage entre la surconsommation pour "anxiété sociale" et la sous-consommation pour maladie grave ne parvient pas à se résoudre. L'incapacité de notre système de soins à résister à l'attente de prescriptions des patients perdure. Tout ceci rend très actuels les travaux d'Edouard Zarifian et notamment son rapport sur la consommation de psychotropes d'il y a une dizaine d'années. Certaines de ses propositions, parfois à contre courant, voire iconoclastes, témoignent de sa volonté ferme de maintenir le lien médecin/malade comme interpersonnel, de même que sa détermination à coordonner services ministériels et travail clinique en faisant collaborer psychiatres et administratifs. Il s'insrit, ainsi, dans l'histoire de la psychiatrie française à la suite de médecins illustres comme Magnan, Toulouse, Daumaizon, mais aussi de personnages venus d'autres horizons comme Th. Roussel, M.R. Mamelet et G. Le Guillant. Le XXIè siècle sera comparatif ou ne sera pas. On voit déjà poindre cette tendance dans l'art : P. Picasso pour la peinture au Grand Palais, P. Demarchelier pour la photographie au Petit Palais. Si un psychiatre actuel peut se comparer avec ses illustres anciens c'est bien Edouard. Pour toutes ces raisons la Revue Nervure publie, avec l'aide de l'Association pour la Recherche en Psychiatrie et la Réhabilitation des Malades Mentaux, les actes du congrès de la SHP du 21 février 2008.